dimanche 28 juin 2009

Condamné pour corruption de mineure, le PDG de Skyrock, son procès en appel est renvoyé ...

RéActualisé le 1er Juin 2012
Le Réseau Parental Europe ne s'intéresse pas à la vie sexuelle du PDG de Skyrock, qui fait l'objet de poursuites judiciaires depuis plusieurs années.
Son avocat demande que toute publication sur son client soit retirée de nos sites et blogs. Ce que nous avons fait.

samedi 27 juin 2009

Juliano Verbard assume son rôle

in Clicanoo.com par Jérôme Talpin, le 25 juin 2009

Juliano Verbard a été interrogé durant deux heures, hier après-midi, chez le juge d’instruction Jean-Pierre Niel sur son évasion en hélicoptère. Assumant son rôle de leader charismatique, Petit Lys d’Amour est revenu sur sa volonté de retrouver son “frère” Fabrice Michel.

Sept semaines après son incarcération, Juliano Verbard se porte mieux physiquement. Lui qui était apparu comme particulièrement maigre et le crâne rasé au moment de son arrestation, le 6 mai dernier, a repris du poids et retrouvé son épaisse chevelure noire. “Il mange, il boit”, a laconiquement commenté son avocat, Me Nicolas Normand. Petit Lys d’Amour n’est donc plus dans le même état d’esprit que durant les jours qui ont suivi sa nouvelle incarcération. Il avait alors entamé une grève de la faim. Juliano Verbard n’est plus en guerre ni avec l’administration pénitentiaire ni avec la justice. Depuis vendredi, son placement en quartier disciplinaire, sanction prononcée à la suite de son évasion, a pris fin. Il a été placé à l’isolement à sa demande.

Un frère au sens biblique du terme

Convoqué hier par le juge d’instruction Jean-Pierre Niel, l’un des deux magistrats en charge du dossier sur la spectaculaire évasion en hélicoptère, le gourou de la secte “Cœur douloureux et immaculé de Marie”, escorté par les policiers du GIPN puissamment armés et encagoulés, n’a pas refusé de répondre aux questions du magistrat. L’interrogatoire a duré deux heures. “Il s’est expliqué. C’est tout ce que je peux dire”, a déclaré Me Normand à sa sortie du cabinet du juge en mettant en avant son obligation de respecter le secret de l’instruction. À un journaliste trop insistant, l’avocat a lancé mi-amusé, mi-agacé : “Vous voulez que je perde ma robe, ou quoi ? ” Le jeune homme mis en examen pour “évasion, complicité d’enlèvement et séquestration en bande organisée, complicité de détournement d’aéronef, complicité de prise d’otages”, n’a pas éludé les questions du juge. On le sait, Juliano Verbard assume, depuis son incarcération, son rôle de chef charismatique tout comme celui de commanditaire de l’évasion. Le jeune homme sait pertinemment qu’il est incarcéré pour de très longues années en prison après avoir été condamné pour viol sur mineur aux assises mais aussi parce qu’il sera sans doute jugé aux assises en 2010 pour l’enlèvement du petit Alexandre. Lors de sa mise en examen devant la juge Brigitte Lagière, Petit Lys d’Amour avait indiqué qu’il ne supportait plus l’univers carcéral, les quolibets et la haine des autres détenus mais, surtout, la séparation d’avec son amant Fabrice Michel. Sortir, se retrouver, vivre à nouveau ensemble : tel était la principale motivation de cette évasion. Dans les jours qui ont suivi leur incarcération pour l’enlèvement d’Alexandre, les deux hommes ont commencé à inonder de courriers leurs proches pour leur dire qu’il était inconcevable de vivre l’un sans l’autre. “Je suis malheureux, je ne peux vivre sans mon frère”, n’a cessé d’écrire Fabrice Michel (le JIR d’hier). Le message a donc été compris cinq sur cinq par les adeptes les plus fanatisés de la secte, convaincus de l’innocence de leur guide et de son “frère” au sens biblique du terme. L’organisation et la planification méticuleuse de l’opération se sont progressivement mises en place à compter d’octobre 2008. Les futurs évadés et leurs dévoués complices ont échangé de nombreux messages lors des visites aux parloirs de la prison. Chacun a joué un rôle pour mettre en place cette évasion jugée impensable par les pouvoirs publics. Les interrogatoires du juge d’instruction vont se poursuivre aujourd’hui. Ce matin, c’est au tour de Fabrice Michel d’être extrait de sa cellule du centre pénitentiaire de Domenjod. Il sera suivi dans l’après-midi de son père, Alexin Michel.


vendredi 26 juin 2009

Canada: L'Etat peut forcer un mineur à recevoir une transfusion sanguine


OTTAWA - L'Etat peut forcer un mineur de moins de 16 ans à recevoir une transfusion de sang qu'il refuse pour des motifs religieux, a décidé vendredi la Cour suprême du Canada en rejetant un appel d'une jeune Témoin de Jéhovah.

A six contre un, les juges de la plus haute instance judiciaire du pays ont estimé qu'une telle intervention "était raisonnable" puisque "la vie de l'enfant était en jeu et (qu')il était urgent de prendre une décision".

Toutefois, "il peut être arbitraire de présumer qu'aucune personne de moins de 16 ans n'a la capacité de décider de son traitement médical", a reconnu la Cour.

"Plus le tribunal est convaincu que l'enfant est capable de prendre lui-même des décisions de façon véritablement mature et indépendante, plus il doit accorder de poids à ses opinions dans l'exercice de son pouvoir discrétionnaire prévu (par la loi)", a-t-elle précisé.

Une tribunal du Manitoba (centre) avait forcé en 2006 la jeune fille, alors âgé de 14 ans et souffrant de la maladie de Crohn, à recevoir une transfusion sanguine pour une hémorragie interne, estimant que sa vie était en danger.

L'adolescente avait refusé le traitement, le jugeant contraire au "commandement de Dieu". Des psychiatres l'avaient évaluée et conclu qu'elle était consciente des conséquences que sa décision pourrait entraîner. Mais elle avait finalement contre son gré reçu trois unités de sang.

"J'ai déjà dit que c'était comme si j'avais été violée", a-t-elle déclaré vendredi à la chaîne CBC. "On m'a brisé le coeur en ne me laissant pas décider, d'autant que je suis contre les transfusions et que je savais qu'elles n'étaient pas nécessaires. Et en plus, le juge ne m'a même pas consultée. Je n'ai jamais pu lui dire ce que je voulais".

Même si elle n'a pas donné raison à la jeune fille sur le fond, la Cour suprême a reconnu que la province du Manitoba avait mal interprété la loi et lui a ordonné de rembourser tous les frais judiciaires encourus par la jeune fille pour assumer sa défense jusqu'au plus haut tribunal du pays.

©AFP / 26 juin 2009 20h17

mercredi 24 juin 2009

Enfant mort lors d’un exorcisme : quatre membres d’une Église évangélique condamnés

Actualisation de l'info de septembre 2007(bas de page):
CAYENNE, 24 juin 2009 (AFP)

Quatre membres de l’Eglise du Christianisme Céleste, dont son responsable en Guyane, ont été condamnés mercredi soir par la Cour d’assises de Cayenne à des peines allant de 3 à 12 ans de prison dans l’affaire de la mort d’un enfant décédé lors d’une séance d’exorcisme.

Suite aux traitements infligés entre le 31 janvier 2004 et le 3 janvier 2005, ce mineur, épileptique et souffrant de troubles psychiques, était décédé attaché sur une croix, dans un bâtiment de la paroisse Saint-Gabriel de cette église chrétienne fondée au Bénin.

Le 31 décembre 2004, la mère de l’enfant épileptique, Roger Bossé, 15 ans, l’avait amené aux membres de l’Eglise, qui avaient considéré qu’il était "possédé par le Diable" et avaient décidé de le "désenvoûter".

Le garçon mineur avait alors été frappé pendant trois jours à main nue, flagellé avec des rameaux et des sangles et attaché les deux derniers soirs à une croix.

Il avait été retrouvé mort attaché sur la croix le lundi 3 janvier vers 6h00 par Maurice Saint-Pierre, le responsable de la communauté. L’autopsie avait révélé de multiples échymoses, un gros hématone à un oeil et des coups à la tête. Elle avait conclu à une possible mort "par suffocation", l’enfant ayant été baillonné.

La Cour d’assises a notamment retenu l’accusation de "violences volontaires ou complicité sur une personne vulnérable ayant entraîné la mort sans intention de la donner".

Maurice Saint-Pierre, par ailleurs agent à la mairie de Cayenne, a écopé de la peine la plus lourde : 12 ans de prison pour "violences volontaires ayant entraîné la mort", Jean-Luc Rosa a été condamné à 9 ans pour les mêmes faits. Félicité-Denise Saint-Pierre, l’épouse de Maurice Saint-Pierre, reconnue coupable de complicité, a été condamnée à 7 ans.

Alain Lescot a été condamné à 3 ans, dont 2 avec sursis, pour "violences volontaires sur personne vulnérable".

Maurice Saint-Pierre, son épouse et Jean-Luc Rosa ont également été condamnés pour des faits similaires de violences ou complicité (sans entraîner la mort) à l’encontre de Malika Présipont, âgée de moins de 15 ans au moment des faits.

Fouettée et elle aussi attachée à une croix pour "guérir d’une maladie", la jeune fille, aujourd’hui âgée de 18 ans, est venue témoigner au procès. Elle avait dû être évacuée vers l’Hexagone après avoir reçu ce "traitement".

Les condamnations ont été au-delà des réquisitions de l’avocat général, qui avait demandé de "4 à 9 ans" pour les quatre accusés.

Le verdict est "sévère et nous oblige à faire appel, car on n’a pas la cause véritable de la mort" (de Roger Bossé), a déclaré à l’AFP José Lama, l’un des trois avocats des accusés.

"C’est un mineur vulnérable qui a perdu la vie, attaché et baillonné sur la croix. C’est dramatique et choquant. Le verdict est rempli de bon sens", a réagi Jérôme Gay, l’un des avocats de la partie civile.

La Guyane sous la menace des sectes

in NewMedia, le 11 septembre 2007 par Jacques Costa

Après l’intervention des gendarmes le 7 septembre dernier pour soustraire 9 enfants privés d’école du giron d’une “association de prières“, la preuve est faite que la Guyane connaît une montée du phénomène sectaire. Plus de 10% de la population seraient en contact avec une secte. Parmi les moyens de lutte contre la montée des sectes, une cellule de vigilance a été créée par la préfecture de Guyane.

C’est à l’heure du laitier que les gendarmes sont intervenus le 7 septembre dernier dans une propriété du lieu-dit la Chaumière (commune de Matoury) sur ordre du parquet de Cayenne. Il s’agissait de soustraire 9 enfants mineurs, dont le plus jeune était âgé de 6 mois, du giron d’une “association de prières“, soupçonnée de pratiques sectaires. Ces enfants, qui n’allaient pas à l’école, ont finalement été remis à leur père pour trois d’entre eux et placés dans des familles d’accueil ou dans un foyer pour les autres.
Ce “groupe de prières“ est déjà connu de la justice. Il y a 2 mois, après avoir disparu, une jeune femme d’origine martiniquaise réapparaissait et accusait le groupe de séquestration, de travail forcé et d’humiliations subies de la part des dirigeants de la maison de la Chaumière. L’an dernier, quatre personnes, membres de ce même groupe, avaient été portées disparues, avant de redescendre des montagnes de la Trinité (commune de Saint-Elie, dans l’intérieur de la Guyane), où elles étaient parties en pèlerinage.
En janvier 2005, un adolescent âgé de 15 ans avait perdu la vie des suites de violences après avoir été confié par sa mère à l’église du christianisme céleste. Quatre personnes doivent comparaître d’ici le début de l’an prochain aux assises de Cayenne. Elles sont poursuivies pour “violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner“.

lundi 22 juin 2009

"La burqa est un accoutrement sectaire"

Hebdomadaire l'Express, par Emilie Cailleau, publié le 22/06/2009

Et si le débat actuel sur le port de la burqa n'avait rien à voir avec la religion? Pour Dounia Bouzar, anthropologue du fait religieux et chercheuse associée au cabinet d'études "Cultes et Cultures Consulting", il n'est pas question de croyance mais d'endoctrinement.

Est-il légitime de créer une commission d'enquête sur le port de la burqa en France?

Oui. Faire semblant de ne rien voir serait pire que tout. Cela reviendrait à accepter le comportement de groupes sectaires comme des comportements religieux. Or si on respecte l'Islam, on ne peut qu'être choqué par ce groupe salafiste qui prône le port du niqab. Je dis bien le niqab et non la burqa, car en réalité c'est le niqab que l'on voit en France et qui pose problème. Le niqab est un accoutrement sectaire qui s'inscrit dans un discours d'autoexclusion et d'exclusion des autres. Un discours brandi par un groupuscule salafiste depuis 70 ans. En France, où la liberté de conscience est garantie, ces "gourous" s'immiscent partout. Ils persuadent leurs adeptes, comme ceux d'une secte. Ils prônent le port du niqab alors qu'il n'est pas inscrit dans le Coran. On ne peut accepter ça, au risque de reconnaitre les salafistes comme intimement liés à l'Islam, ce qu'ils ne sont pas, et du coup leur donner encore plus de pouvoir.

La question de la religion n'aurait pas de lien avec la possible interdiction du port du niqab...

Le débat religieux n'a pas sa place. On a tort de faire le raccourci avec la question du voile. Celle-ci est un débat théologique depuis la naissance de l'islam. La réflexion actuelle doit porter sur la question de l'endoctrinement et du droit commun. Le droit français garantit la liberté de manifester ses croyances à deux conditions: ne pas troubler l'ordre public et ne pas entraver les libertés fondamentales. Or le niqab enfreint ces deux critères. D'un côté il pose un problème d'ordre sécuritaire parce qu'on ne voit pas le visage de la personne. Dans ce sens, je suis pour qu'on fasse une loi comme en Belgique où on doit pouvoir voir le visage de tous les citoyens quand ce n'est pas carnaval...... De l'autre, le port du niqab pose problème pour la liberté d'autrui. Les femmes qui portent le niqab sont "désindividualisées". Le discours coupe la personne de tout ce qui la socialisait (parents, école, travail, autres musulmans...). Il lui fait miroiter la jouissance d'appartenir à une communauté purifiée, qui détient la vérité, supérieure au reste du monde. Les gourous tentent de créer l'unité totale entre adeptes: ils exagèrent les ressemblances en effaçant toutes différences -sexuelles, sociales, familiales, etc.- à l'intérieur du groupe. Ils exacerbent les différences avec tous ceux qui ne sont pas comme eux... Toutes les idéologies de rupture reposent sur des exaltations de groupe.

Il n'existe pas de statistiques pour mesurer le phénomène du port du niqab. Pensez-vous qu'il prend de l'ampleur?

Oui, je suis saisie par des imams qui voient des personnes répandre ces discours sectaires dans les mosquées. Ils font autorité auprès de plus en plus de jeunes vulnérables pas forcément issus de familles musulmanes... J'observe que ces jeunes-là n'ont pas de lien à un territoire -ils se sentent "de nulle part"-, ont souvent grandi dans "les trous de mémoire" et ne connaissent pas la religion... Ils ont souvent eu des pères déchus, ne pouvant exercer leur autorité, pour des multiples raisons... Certains de ces adeptes ne sont pas dans la spiritualité: ils se fichent pas mal de Dieu. Ce qu'ils veulent, c'est prendre la place de Dieu... Ils sont, consciemment ou non, à la recherche de la toute puissance... Auprès de ces personnes, c'est aussi un travail de prévention qui s'impose.

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"Pas la bienvenue" en France

Pour Nicolas Sarkozy, "le Parlement a choisi de se saisir de cette question, c'est la meilleure façon de procéder. "Il faut qu'il y ait un débat et que tous les points de vue s'expriment. (...) Nous ne devons pas avoir peur de nos valeurs, nous ne devons pas avoir peur de les défendre". Devant le Congrès réuni à Versailles, le chef de l'Etat a balayé l'argument religieux. Le voile intégral est un problème "de liberté et de dignité de la femme.(...) Ce n'est pas un signe religieux, c'est un signe d'asservissement, c'est un signe d'abaissement", a-t-il ajouté.

Crédit photo REUTERS/Ahmad Masood ---->Pour Dounia Bouzar, le port du voile intégral est un comportement sectaire.

lundi 8 juin 2009

Lutte contre les sectes : « La Miviludes, police des esprits »

Nous présentons ici le point de vue d'un des négationnistes de la problématique sataniste en France, complaisant aux lobbies pro "minorités spirituelles" que nous qualifions de sectaires. Exercez votre esprit critique.

Pour RUE89 du 8 juin 2009, Dominique Albertini, étudiant en journalisme

Dans son dernier rapport, rendu public le 17 mai, la Miviludes souligne l'augmentation du nombre de mouvements sectaires. Elle pointe notamment les techniques dites de « developpement personnel » (psychanalyse, coaching…).

Mais pour Olivier Bobineau, ancien membre de la mission, son approche est inadaptée.

Conséquence pour ce spécialiste des religions : la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires surestime le phénomène sectaire en France. Entretien.

La Miviludes estime que les sectes se multiplient et prône une politique plus répressive. Comment jugez-vous son action ?

Elle entend mener une politique publique moderne, mais elle est pourtant la seule à ne pas en respecter les trois critères fondamentaux :

  1. Une définition de l'objet de son travail : la Miviludes amalgame secte, phénomène sectaire et dérive sectaire, sans en donner aucune définition. Ces termes sont des coquilles vides appliqués à tout et n'importe quoi, ce qui a pour effet majeur de faire passer le nombre de sectes en France de 200 à 607. Une multiplication par trois qui tient au fait que la Miviludes a jeté son dévolu sur la psychanalyse.

  2. L'exposition d'une méthodologie, c'est-à-dire l'existence d'un débat public, le croisement des sources, une véritable réflexion sur le sujet… mais la seule logique de la Miviludes est la recherche de boucs émissaires, elle-même fondée sur une autre logique, celle de l'inquisition. Le discours de la Miviludes, c'est « on n'a aucune preuve, c'est donc qu'ils les dissimulent, c'est donc qu'ils sont bien une menace ».

  3. Une véritable évaluation de son action : il n'y a aucun outil pour cela, ni de discussion autour des conclusions de la Miviludes : lorsque l'OSCE et l'ONU se risquent à critiquer son travail, elle répond que ces deux institutions sont infiltrées par les sectes.

Mais les dérives sectaires dénoncées par la Miviludes n'en sont pas moins associées à des délits, tels que l'extorsion de fonds ou la manipulation…

Bien sûr. Mais il faut se poser deux questions : d'abord, a-t-on besoin d'un organisme spécifique pour faire appliquer le droit civil et pénal, qui existe déjà pour punir de tels délits ? D'autant que le phénomène sectaire est loin d'être le problème majeur de la société française.

La deuxième question, c'est de savoir comment prendre en compte les plaintes des victimes d'escroquerie : cela doit-il forcément passer par une désignation de ce qui est bien et de ce qui est mal sur le plan spirituel ?

Il faut une véritable administration de la preuve, un vrai service public d'information avec des conseillers scientifiques menant de véritables enquêtes.

Que pensez-vous de la mise en place d'un référentiel visant justement à définir ce qu'est un mouvement sectaire ?

C'est une véritable mise à l'index, un document qui prétend désigner le bien et le mal, ce qui est difficilement admissible de la part d'une politique publique. Une véritable définition devrait viser l'essence même de ce qu'est une secte.

Le référentiel proposé ne mentionnera que certaines caractéristiques générales qu'on retrouve dans d'autres activités sociales : on perd donc dans la compréhension du phénomène ce qu'on gagne en expansion.

Et la stigmatisation de certains groupes peut aboutir à des débordements : aprés la publication par le Parlement, en 1995, d'une liste des sectes, des salles de prière des Témoins de Jéhovah avaient été brûlées, et certains de leurs membres battus.

Le rapport consacre un long passage au satanisme. L'importance de ce phénomène est-elle bien évaluée selon vous ?

La Miviludes n'avance aucun chiffre, fait état d'une progression du satanisme en Europe sans citer de sources. Il ne doit pas y avoir plus d'une centaine de satanistes en France.

La convocation d'un imaginaire relié à cette croyance ne fait pas forcément de vous un sataniste. Si tous les auditeurs de black metal sont satanistes, pourquoi ne pas dire que tous les amateurs de Bach sont luthériens ?

Il y a donc, selon vous, une stigmatisation de certains groupes ou mouvements ?

Oui, qui s'inscrit dans la tradition française d'une suspicion du spirituel, de l'opposition entre la liberté de pensée, politique et philosophique, et de la liberté de conscience, spirituelle.

Cette dernière est suspecte parce qu'elle a généré des passions religieuses dont la France ne s'est toujours pas bien remises : affrontements extrêmement violents entre catholiques et protestants, opposition entre l'Eglise et l'Etat républicain à la fin du XIXe siècle et au début du XXe…

Depuis, la liberté de conscience est suspecte, jugée irrationnelle. Au nom de la liberté de pensée, on veut la contrôler. La Miviludes joue le rôle d'une police administrative des esprits, qui recherche des boucs émissaires et stigmatise des groupuscules.

Vous présentez aussi cette attitude comme le résultat d'une tension interne à la Miviludes…

En effet, il existe plusieurs pôles au sein de la Miviludes, et notamment un pôle conservateur catholique, qui désigne le mal selon ses propres critères, et un pôle de gauche athée pour qui le mal, c'est la liberté de conscience.

Ces deux « camps » ne s'accordent que dans la désignation d'ennemis communs, les mouvements présentés comme sectaires.

Ils s'entendent aussi pour défendre leurs intérêts : on trouve parmi les athées de la Miviludes des francs-maçons, qui cherchent à éviter d'être catalogués comme sectaires.

Quant aux catholiques, ils ont peur que certains mouvements au sein de l'Eglise ne soient stigmatisés, comme ce fut récemment le cas avec la communauté des Béatitudes. Ce qui semble indiquer un rapport de force désormais plus favorable au pôle « libre-penseur ».

Photo : Démolition de la statue de Gilbert Bourdin édifiée par la secte du Mandarom à Castellane (Reuters)

jeudi 4 juin 2009

"La notion de manipulation mentale est peu employée par la justice car elle introduit de l'arbitraire"

in Le Monde, propos recueillis par Stéphanie Le Bars, le juin 2009.

Arnaud Esquerre est sociologue à l'Ecole des hautes en sciences sociales (EHESS), auteur de La manipulation mentale. Sociologie des sectes en France (Fayard, 376 pages).

L'Eglise de scientologie est poursuivie pour escroquerie. Mais en toile de fond du procès apparaît aussi la question de la manipulation mentale.


Devant la justice, ce phénomène est rarement poursuivi. Pourquoi ?

Historiquement, les sectes étaient définies par rapport à une Eglise, en l'occurrence l'Eglise catholique, qui jugeait en fonction de ses propres critères. A partir des années 1970, des associations de défense de victimes se sont créées et ont cherché de nouveaux points d'appui pour définir ce qu'est une secte. La manipulation mentale s'est imposée et de nouveaux mouvements, en dehors de la religion, ont été assimilés à des organisations sectaires, notamment des mouvements liés à la psychothérapie.

Dans ce contexte est née l'idée de créer un délit spécifique de manipulation mentale. Mais ce délit aurait été d'une portée si large que dans la loi About-Picard de 2001, on a seulement modifié l'article du code pénal portant sur "l'abus de faiblesse", dans lequel on a introduit la notion de "sujétion psychologique".

Cette notion est peu employée par la justice, précisément parce qu'elle est difficile d'utilisation et introduit de l'arbitraire. Lorsqu'elle est utilisée, ce n'est pas forcément dans le cas de sectes, mais plutôt dans des affaires de captation d'héritage.

En axant les actions de lutte contre les sectes sur le terrain de la manipulation mentale, un concept fragile et fluctuant, on s'expose à des difficultés pratiques et l'on se rend compte que la frontière des mouvements englobés, qui peuvent être spirituels, politiques, philosophiques ou psychothérapeutiques, est compliquée à tracer. Vouloir lier la notion de secte à un état psychique m'amène à rappeler qu'à la fin du XIXe siècle on parlait des anarchistes comme d'une secte, en s'appuyant sur le concept de "suggestion". Aujourd'hui, cette approche par le psychisme conduit l'Etat à vouloir réglementer le titre de psychothérapeute. Mais cela ne résoudra pas le problème des sectes car de nouvelles appellations apparaîtront.

Dans le cas de la scientologie, peut-on parler de manipulation mentale ?

La scientologie a comme caractéristique de se placer elle-même sur le terrain du psychisme en proposant un test psychologique et une amélioration de son existence par un travail sur soi-même. Elle traduit dans son langage propre des dérivés de principes psychologiques. L'autre élément spécifique à la scientologie concerne l'argent. Dans le procès actuel et dans celui de 1996, on constate que des gens aux revenus moyens perdent tout leur argent ou s'endettent pour la scientologie ; le coût financier redouble alors le coût psychique de leur engagement. Mais si la scientologie a déjà été condamnée pour escroquerie, elle ne l'a pas été pour abus sur personne en état de faiblesse.

Comment empêcher que des personnes soient manipulées ?

L'information est essentielle. Le consentement éclairé, la liberté individuelle ne peuvent s'exercer qu'à condition d'être bien informés. C'est un des buts du rapport annuel de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) que d'informer sur des groupes qui sont mouvants. Parallèlement, des outils juridiques existent pour poursuivre les escroqueries, les viols ou tout acte répréhensible avéré.

Suite à cet article qui occulte les difficultés de la lutte judiciaire contre les manipulations mentales , ajoutons que nous nous demandons à quoi sert dans les faits et la réalité (cauchermardesque) des procédures, la loi sur l'abus de confiance et de l'état de faiblesse, dite loi About, votée en 2002. Les familles affectées ne peuvent pas se substituer à la "victime", hors comment faire lorsqu'un enfant, son conjoint ou tout autre membre de sa famille n'est pas en mesure de dénoncer ces abus, car encore soumis contre son gré / lobotomisé / adepte docile et dévoué?